la maison de l'image

Les RENCONTRES des CINEMAS d'EUROPE
Aubenas du 20 au 27 novembre 2011

Rétrospective
"Les Européens à Hollywood"

Le cinématographe, d’abord considéré à sa naissance, à la fin du 19e siècle, comme une curiosité, une attraction foraine sans avenir, va peu à peu prendre de l’importance et fasciner les foules.
Lors de la première guerre mondiale, la production européenne est interrompue ; par contre, à Los Angeles l’industrie cinématographique est en plein essor et exporte ses films en quantité. La suprématie européenne sur ce qui ne s’appelle pas encore le 7e Art, cède la place à ce qui va rapidement devenir la plus importante et la plus influente des cinématographies mondiales. De nombreux européens émigrent alors vers cette nouvelle Babylone.
Dans les années 1930/1940, la montée du nazisme et le rayonnement croissant d’Hollywood vont continuer d’attirer les cinéaste européens.
Quoi de plus « Etats-Uniens » qu’Hollywood ? Que le film noir ? Que la comédie musicale ? Et pourtant que d’Européens alors parmi les techniciens, les réalisateurs, les acteurs, les scénaristes de l’usine à rêve. De Von Stroheim à Hitchcock, de Garbo à Dietrich, de Lubitsch à Lang… Hollywood est littéralement façonné par ces hommes et femmes issus du vieux continent.
Les Rencontres des Cinémas d’Europe proposent, en 2011, de revenir sur ces exilés du cinéma et sur quelques uns de leurs chefs-d’œuvre entrés définitivement dans l’Histoire du cinéma.

*GOOD MORNING BABYLONIA
Italo-américain. De Paolo et Vittorio Taviani. 1987. 1h58. Avec Vincent Spano, Joaquim de Almeida, Greta Scacchi, Charles Dance. Scénario : Tonino Guerra.
Pour sauver de la faillite la vieille entreprise familiale de restauration de monuments, Andrea et Nicola partent faire fortune aux Amériques. Plein d'enthousiasme, les deux frères déchantent vite et connaissent rapidement la vie harassante des saisonniers. Pourtant, un jour la chance apparaît sous la forme d'un train chargé d'Italiens. Andrea et Nicola filent ainsi à San Francisco où se prépare l'exposition universelle de 1914. Ils vont rencontrer le célèbre D.W. Griffith qui va les engager pour la construction du décor de son prochain film...

D'abord metteurs en scène de théâtre, créateurs du ciné-club de Pise en 1950, les frères Taviani entament leur carrière de réalisateurs comme documentaristes.
Dès le début des années 1960, ils tournent des fiction, le plus souvent sur des thèmes socio-historiques. Nombre de ces films ont marqué la mémoire des cinéphiles : "Allonsanfan" (1974), "Padre Padrone", Palme d'or à Cannes (1977), "La nuit de San Lorenzo" (1981), "Kaos" (1984)...
Réticents à travailler avec Hollywood, les Taviani accepteront finalement, désireux de relater un épisode célèbre dans l'histoire du cinéma américain : au cours du tournage d' "Intolérance", D.W Griffith, après avoir visionné "Cabiria" (1914), prend conscience que les décors de sa Babylone ne peuvent être idéalement réalisés que par les artisans italiens qui ont travaillé sur le film de Giovanni Pastrone. Il s'efforce, dès lors, de faire rechercher ces artisans en Italie et de les ramener aux États-Unis. Les frères Taviani racontent : "À peine l'avons-nous lue, cette idée nous a tout de suite beaucoup stimulés. Les trois ouvriers se sont transformés en deux frères et de là est né notre sujet puis notre scénario. (...) aussi bien au niveau du scénario qu'au niveau du choix des acteurs, du tournage et du montage, ils (les producteurs américains) nous ont laissé la plus grande liberté."

Dimanche 20 : 20h30 (Navire) / Mercredi 23 : 16h30 (Navire)

*MAN HUNT (Chasse à l’homme) 
USA. De Fritz Lang. 1941. 1h45. Avec Walter Pidgeon, Joan Bennett, George Sanders, John Carradine. Scénario : Geoffrey Household
Thorndyke, un anglais amateur de chasse, tient Hitler au bout de son fusil à lunette. Capturé avant d'avoir pu faire feu, il parvient à s'échapper. De retour en Angleterre, des nazis le traquent. Il décide de retourner en Allemagne pour en finir avec le Führer...
L'un des meilleurs Fritz Lang, entre film politique et film d'aventures, qui offre quelques séquences d'anthologie, telle la séquence d'ouverture, et nous régale de décors londoniens noyés de brouillard.

D'origine autrichienne, Fritz Lang s'intéresse à la peinture et à l'architecture avant de découvrir le cinéma. Sa première réussite sera "Les Trois lumières" qui lui donne l'aura et l'indépendance d'un réalisateur reconnu. Il écrit ses films en collaboration avec son épouse Thea von Harbou ; leur plus grand succès sera "Metropolis" (1927). La série des "Mabuse" (1922, 1933) et "M le maudit" (1931) sont une critique ouverte du nouveau pouvoir allemand. Malgré cela, en 1933, Goebbels lui propose une collaboration avec le régime nazi. Alors que Théa von Arbou rejoint le parti, Lang s'enfuit le jour même pour Paris. Il tournera "Liliom" en France avant de gagner Hollywood où il s'imposera avec "Furie" (1936). Suivront des chefs d'oeuvre tels "J'ai le droit de vivre" (1937), "Chasse à l'homme" (1941), "Les bourreaux meurent aussi" (1941), "Le secret derrière la porte" (1948), "Règlements de compte" (1953), " Les contrebandiers de Moonfleet" (1954), "L'invraisemblable vérité" (1956)... avant de revenir terminer sa carrière en Allemagne avec "Le tigre du Bengale", "Le tombeau hindou" (1959) et un ultime Mabuse, "Le diabolique Dr Mabuse" (1960). Adulé par la Nouvelle vague, il jouera son propre rôle dans "Le mépris" de Jean-Luc Godard en 1963.
Pour "Man hunt", il s'entoure d'autres européens, en particulier de deux britanniques, l'acteur  Georges Sanders et l'écrivain Geoffrey Household.

Lundi 21 : 14h00 (Navire) / Mardi 22 : 9h15 (Navire) /
Vendredi 25
: 21h30 (Navire) / Samedi 26 : 12h00 (Navire)

*ECRIT SUR DU VENT (Written on the wind)
USA. De Douglas Sirk. 1957. 1h40. Avec Rock Hudson, Lauren Bacall, Robert Stack, Dorothy Malone
Fils d'un roi du pétrole texan, Kyle Hadley a versé dans l'ivrognerie. Un jour, il tombe amoureux de Lucie Moore, que lui présente le géologue Mitch Wayne, son meilleur ami. Avec l'espoir de le guérir de son vice, Lucie accepte d'épouser Kyle, malgré l'amour que lui porte Mitch. Entre Kyle et Lucie, tout se passe bien dans un premier temps, mais Kyle se remet à boire...
Un film en rouge et bleu, tantôt chaud tantôt froid, pour lequel l’expression “mélo flamboyant” semble avoir été spécialement inventée.

Danois d'origine, Hans Detlev Sierck suit des études éclectiques (droit, philosophie, histoire de l'art) avant de se consacrer au théâtre. Il est engagé par la UFA, l'une des sociétés de production cinématographique la plus importante de Berlin. Ses premières réalisations affirment déjà son goût du mélodrame : "Schlussakkord" (1936), "Paramatta, bagne de femmes" (1937), "La Habanera" (1937).
Sirk fuit l'Allemagne nazie en 1937 pour s'installer aux Etats-Unis où il américanise son prénom en Douglas. Après quelques films, dont "Hitler's Madman" (1943) et "Scandal in Paris" (1946), Sirk intègre les studios Universal où il bénéficiera d'une relative liberté. Il imposera rapidement son style, des mélodrames aux images somptueuses et aux couleurs baroques, " Le secret magnifique" (1954), " Ecrit sur du vent" (1957), "La ronde de l'aube" (1958), " Le temps d'aimer et le temps de mourir" (1958), " Mirage de la vie" (1959)... Cette marque profonde du mélodrame fait souvent oublier que Sirk fut aussi un réalisateur expressif, avec des films comme "Taza, fils de Cochise" (1954) ou "Capitaine Mystère" (1955).

Dimanche 20 : 18h15 (Navire) / Mercredi 23 : 21h00 (Navire) /
Samedi 26
: 14h30 (Navire) / Dimanche 27 : 14h15 (Navire)

*THE SHOP AROUND THE CORNER (Rendez-vous)
USA. De Ernst Lubitsch. 1940. 1h37. Avec Margaret Sullavan, James Stewart, Frank Morgan
À Budapest, Alfred Kralik et Klara Novak, deux employés de la boutique de maroquinerie de Monsieur Matuschek, sont comme chien et chat. Alfred correspond par petites annonces avec une femme qu'il n'a jamais vue. Il découvre bientôt que cette mystérieuse inconnue n'est autre que Klara, l'employée qu'il déteste au magasin...

Ernst Lubitsch est le fils d'un tailleur juif berlinois, qui aura du mal à admettre la passion de son fils pour le spectacle. Durant plusieurs année, le jeune Lubitsch travaille le jour et se consacre au théâtre la nuit.
Au cinéma, il démarre comme homme à tout faire, puis comme acteur ; son personnage de "Meier", archétype du comique juif allemand, devient aussi populaire que Max Linder en France ou Harold Lloyd en Amérique.
Dès 1914, il prend la triple casquette d'acteur-réalisateur-auteur, et réalise son premier film marquant, "Les Yeux de la momie" avec Pola Negri et Emil Jannings, puis "Carmen" et triomphe en 1919 avec "La Princesse aux huîtres", des drames historiques et des comédies, qui font de lui un réalisateur de stature internationale.
Il quitte l'Allemagne en 1922, à l'âge de trente ans, pour rejoindre Hollywood sur l'invitation de Mary Pickford. Son premier film américain est un succès et on commence à parler de la Lubitsch touch : élégance et sophistication dans la satire, sens du rythme et de l'ellipse.
Contrairement à nombre de ses collègues,  Lubitsch négocie parfaitement le passage au cinéma parlant avec de brillants dialogues.
Suivent alors ses films les plus connus, tous des comédies : "Haute pègre" (1933), "Sérénade à trois" (1933), "La veuve joyeuse" (1934), "Ninotchka" (1939) où on entend pour la première fois le rire de Greta Garbo, "The shop around the corner" (1940), " To be or not to be" (1942), "Le ciel peut attendre" (1943), "La folle ingénue" (1946)...

Dimanche 20 : 16h00 (Navire) / Mardi 22 : 14h00 (Navire) /
Vendredi 25
: 16h00 et 16h15 (Navire) / Dimanche 27 : 12h00 (Navire) et 17h30 (Vals)

*CASABLANCA
USA. De Michael Curtiz. 1942. 1h42. Avec Humphrey Bogart, Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Peter Lorre, Conrad Veidt
A Casablanca, pendant la Seconde Guerre mondiale, le night-club le plus couru de la ville est tenu par Rick Blaine, un Américain en exil. Mais l'établissement sert également de refuge à ceux qui voudraient se procurer les papiers nécessaires pour quitter le pays. Lorsque Rick voit débarquer un soir le dissident politique Victor Laszlo et son épouse Ilsa, quelle n'est pas sa surprise de retrouver dans ces circonstances le grand amour de sa vie...

Né dans une famillle juive de Budapest, Manó Kertész Kaminer part de chez lui à 17 ans pour se joindre à un cirque, puis suit une formation d'acteur à l'Académie royale des Arts de Hongrie. En 1912, il commence sa carrière d'acteur et de metteur en scène et contribue à la fondation du cinéma hongrois, réalisant notamment l'un des premiers succès nationaux, "Bánk Bán" (1914). Il est contraint de quitter le pays à cause de la « terreur blanche » exercée sur les juifs, les intellectuels et les communistes par les armées de Miklós Horthy après la guerre civile de 1919. Il travaille dès lors en Allemagne, au Danemark, en Autriche, en Italie et en Suède.
Il arrive à Hollywood en 1926, où il dirige Errol Flynn dans des films devenus de très grands classiques du cinéma : "Capitaine Blood" (1935), "La Charge de la brigade légère" (1936), "Les Aventures de Robin des Bois" (1938), "L'aigle des mers" (1941).... Mais c'est pour "Casablanca" (1942), dont le générique compte nombre d'acteurs européens (Ingrid Bergman, Paul Henreid, Claude Rains, Peter Lorre, Conrad Veidt), que la signature de Curtiz appartient au panthéon du cinéma.

Lundi 21 : 11h00 (Navire) / Mardi 22 : 18h00 (Navire) / Mercredi 23 : 9h00 (Navire) / Vendredi 25 : 14h00 (Navire) / Dimanche 27 : 18h45 (Navire)

*ERNST LUBITSCH, LE PATRON
de Jean-Jacques Bernard et N.T. Binh. 2010. 52'. Avec Jacqueline Nacache, Benoît Jacquot, Nicolas Saada...
Lubitsch, le patron ou comment le fils d’un tailleur juif allemand est devenu le maître incontesté de la comédie élégante à l’américaine, le Prince du rire et de l'élégance.
Mais le cinéma de Lubitsch n'est pas seulement celui des riches oisifs et de leurs amours, des décors de luxe et des atmosphères feutrées. La satire y est parfois mordante. Comme avec "To be or not to be" qui s'en prend à l'Allemagne nazie, "Ninotchka"  qui dénonce l'URSS de Staline, ou encore le magnifique et pacifiste film "Broken Lullaby".
Avec ce documentaire, Jean-Jacques Bernard éclaire le travail du maître.

Mardi 22 : 16h30 (Navire) / Dimanche 27 : 10h30 (Navire)

*HH, HITLER A HOLLYWOOD
France/Belgique, de Frédéric Sojcher. 2010. 1h27. Avec Maria de Medeiros, Micheline Presle, Wim Willaert
Si les réalisateurs, acteurs, scénaristes, techniciens... européens furent nombreux à émigrer à Hollywood, le monde de l'argent, lui, a entrepris de coloniser le monde entier en imposant sa culture, y compris sur le vieux continent, en particulier avec le cinéma. On se souvient du mot de Roosevelt "Envoyez les films et le reste suivra".
C'est l'histoire que Frédéric Sojcher nous raconte à sa façon. Maria de Medeiros tourne un (vrai ?) documentaire sur Micheline Presle. laquelle la met sur la piste d'un cinéaste mystérieusement disparu en 1946, Luis Aramcheck. Elle met ainsi à jour un complot fomenté par Hollywood pour tuer dans l'oeuf la production cinématographique européenne d'après guerre. Et cette guerre secrète n'est pas encore terminée...
Faux-vrai documentaire ou vraie-fausse fiction, "H.H...", si le traitement est largement fantaisiste, entre burlesque et polar, l’enjeu politique, historique, économique et idéologique autour duquel se jouent les tribulations de Maria et Micheline est lui bien réel. Et un certain nombre des «faits» mentionnés dans le film sont authentiques, tout comme l’est l’existence d’une stratégie concertée entre pouvoir politique à Washington et puissances économiques à Los Angeles.

Lundi 21 : 11h15 (Navire) / Mardi 22 : / Mercredi 23 : 14h00 (Navire) / Vendredi 25 : 11h15 (Navire) / Samedi 26 : 19h00 (Navire)

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Rétrospective :
Les Européens à Hollywood

Invités :
Barbet Schroeder

Benoît Jacquot

Isabel Coixet

Claude Lelouch

Geoffrey Enthoven

Philippe Ramos

Slava Ross

Dmitriy Mamuliya

Nino Kirtadzé

Thornike Gordadze

Maarten Mertens

Fabrice Marquat

Christiane et Pierre Bruguière

Marc Azema

Nicolas Bianco-Levrin

Regard sur :
La nouvelle école d'animation tchèque

Focus sur :
La Géorgie

Panorama des films européens
Programme 2011

Jeune Public
Films 2011

A la librairie :
C'est quoi qui s'y passe ?

Autour des Rencontres
La Caravane ensorcelée
Le Sonoscope

Hors les murs
Cinéma de Vals les Bains

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