
Rencontres des cinémas d'Europe
11ème édition du 15 au 22 novembre 2009 à Aubenas
Réalisateur suédois né en 1918, Ingmar Bergman reçoit une éducation très stricte de la part de ses parents, en particulier de son père, austère Pasteur luthérien. Pour s’échapper, il se réfugie avec sa sœur Margareta dans un univers imaginaire où le cinéma et un théâtre de marionnettes prennent une large part.
A la fin des années 30, à 20 ans, il quitte sa famille pour Stockholm où il se consacre au théâtre. En 1942, il rejoint l’équipe de scénaristes de la Svensk Filmindustri, et réalise son premier film, « Crise » en 1945.
Côté planches, il abandonnera bientôt la dramaturgie après avoir compris que son talent le destine plutôt à mettre en scène l’écriture d’autres auteurs. Metteur en scène de grand talent, il ne cessera d’ailleurs jamais de travailler pour le théâtre, adaptant des auteurs comme Ibsen, Strindberg, Molière, Shakespeare, Tennessee Williams…
Ses films brassent ses thèmes de prédilections : conflit de l’homme avec l’autorité, mystère du couple, interrogation sur Dieu, le bien et le mal, la mort, le sens de la vie en général, dans des récits souvent méditatifs et philosophiques, mêlant réalisme et onirisme, parfois proches du fantastique.
En 1960, il se retire dans l’île de Färo, en mer Baltique et règle ses comptes avec l’éducation paternelle par une trilogie - « A travers le miroir », « Les communiants », et « Le silence » - puis élabore une série de drames âpres et violents, « L’heure du loup », « la honte », « Une passion », « Persona »…
Dans les années 1970, Bergman s’intéresse à la télévision, particulièrement avec les « Scènes de la vie conjugale », une série de six épisodes de 50’ en forme de peinture d’un mariage bourgeois, présenté pour le grand écran dans une version de trois heures.
« Sonate d’automne » et « Fanny et Alexandre » film composé de fortes connotations autobiographiques qui éclairent son œuvre entière, sont ses deux derniers films pour le cinéma.
Œuvre ultime diffusée uniquement en projection numérique et à la TV, « Sarabande » a été perçu comme une suite possible à « Scènes de la vie conjugale ».
Plusieurs acteurs ont été marqués par leur travail avec Bergman, en particulier Max Von Sydow, Bibi Anderson et Liv Ullman, qui sera un temps sa compagne.
Ingmar Bergman, sans conteste l’un des plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma – le seul à avoir obtenu la Palme des Palmes au Festival de Cannes - quitte le monde en juillet 2007 en nous laissant près de soixante films et un credo : « Le cinéma en tant que rêve, le cinéma en tant que musique. Aucun art ne traverse, comme le cinéma, directement notre conscience diurne pour toucher à nos sentiments, au fond de la chambre crépusculaire de notre âme ».
LES FILMS AU PROGRAMME
MONIKA (Sommaren med Monika)
Suède. D’Ingmar Bergman. 1952. 1h27. VOST. Avec Harriet Anderson, Lars Ekborg
Harry, employé dans un magasin, rencontre Monika, une jeune fille des faubourgs éprise de liberté. C’est l’été, les deux jeunes gens fuient la société sur un bateau à moteur et mènent une existence insouciante à base d’amour et d’eau fraîche. L’été terminé, Monika ne supporte pas le retour à la vie quotidienne…
Considéré à sa sortie comme un film érotique, « Monika » est surtout un film éminemment moderne, avec en particulier une séquence de regard-caméra – la première de l’histoire du cinéma – qui somme le spectateur de choisir son camp, laquelle a considérablement influencé les cinéastes de la Nouvelle Vague.
LE SEPTIEME SCEAU (Det sjunde inseglet)
Suède. D’Ingmar Bergman. 1956. 1h30. VOST. Avec Max von Sydow, Gunnar Bjornstrand, Nils Poppe, Bibi Andresson
De retour des Croisades en compagnie de son écuyer, le chevalier Antonius Blok erre dans un paysage sinistre ravagé par la peste, lorsqu’il rencontre la mort venue le chercher. Le chevalier qui ne se sent pas prêt la défie aux échecs afin de gagner du temps et, peut-être, finir par découvrir le sens de la vie. La partie sera interrompue par des rencontres avec une troupe de baladins, un moine, une sorcière condamnée au bûcher…
Composé d’une suite de tableaux en noir et blanc d’une extraordinaire beauté, « Le septième sceau » est l’essence même du cinéma de Bergman, une quête métaphysique où plane l’inéluctabilité de la mort et l’angoisse de l’au-delà.
LES FRAISES SAUVAGES ( Smultronstället)
Suède. D’Ingmar Bergman. 1957. 1h30. VOST. Avec Victor Sjöström, Bibi Andersson, Ingrid Thulin. Ours d’or au festival de Berlin 1958.
A 78 ans, le Professeur Borg va être nommé Docteur jubilaire à l’Université du Lund. A cause d’un rêve étrange, il annule son voyage en avion et décide de faire le voyage en voiture accompagné de sa belle-fille, Marianne. Durant le trajet, le vieillard revit, soit par le rêve, soit par le souvenir, des événements anciens qui l’amènent à faire le bilan de sa vie et à découvrir, aux portes de la mort, le sens de son existence.
Un film clé de l’œuvre de Bergman, complémentaire du « Septième sceau » où se retrouvent ses thèmes essentiels, magnifié par la photographie de Gunnar Fisher et parsemé d’images inoubliables : l’horloge sans aiguilles, les chevaux tirant un char funèbre, le visage du vieil homme alors que son squelette le place dans son cercueil…
L’HEURE DU LOUP (Vargtimmen)
Suède. D’ingmar Bergman. 1967. 1h30. VOST. Avec Max von Sydow, Liv Ullman, Erland Josephson
Johan Borg, peintre aux tendances schizophrènes, s’est retiré sur une île perdue, Bältrum, avec sa femme Alma. Le jour, il arrive à lutter contre ses hallucinations, mais à l’heure du loup, l’heure maléfique où meurent la plupart des gens et où naissent la plupart des enfants, ses angoisses se cristallisent malgré le soutien qu’Alma tente de lui apporter. Sa folie s’amplifie lorsque le couple rencontre un étrange châtelain et sa cour, dont ferait partie Veronica Vogler, une ancienne amante dont le souvenir est resté vivace à l’esprit du peintre.
Véritable film impressionniste héritier du « Nosferatu » de Murnau, « L’heure du loup » évoque une autre des obsessions de Bergman, la névrose de l’artiste en train de créer et l’impossibilité d’atteindre le génie : « un homme qui rêve qu’il est artiste n’est artiste que dans ses rêves ».
CRIS ET CHUCHOTEMENTS (Viskningar och rop)
Suède. D’Ingmar Bergman. 1973. 1h30. VOST. Avec harriett Andersson, Ingrid Thulin, Liv Ullmann, Kari Sylvan, Erland Josephson
Quatre femmes, trois sœurs et leur servante dans un manoir à la fin du IXXe siècle ; Karin et Maria sont venues assister Agnès qui se meurt d’un cancer, mais, confites dans leur égoïsme et absorbées par leurs propres problèmes, elles ne parviendront pas à l’assister dans son agonie. Seule Anna, la servante, qui a autrefois connu un drame familial, pourra l’aider dans son passage vers l’inconnu.
Un film très esthétique où le rouge est la couleur dominante qui aborde encore une fois les thèmes récurrents du réalisateur : nostalgie de la jeunesse, la peur de la mort (mais aussi la peur de vivre), les relations conjugales (Karin est mariée à un homme qu’elle hait au point de se mutiler le sexe pour éviter tout rapport), les conventions et la morale puritaine qui a tant marqué son éducation.
Mais Bergman tempère son propos par un message d’espoir : la conscience du temps, l'art et l'introspection sont des moyens d'atteindre à la vraie vie.
Accueil rencontres / Programme / Agenda / Infos pratiques / Archives / Partenaires

Michel Boujut parle des dernières Rencontres à la Radio-Suisse-Romande : écoutez
Spectateurs
Un groupe à été créé sur Facebook
Visionnez les bandes-annonces des films sur notre blog