
Rencontres des cinémas d'Europe
11ème édition du 15 au 22 novembre 2009 à Aubenas
ALAIN CAVALIER (réalisateur)
Cet élève de l’IDHEC devient l’assistant de Louis Malle avant de passer lui-même à la réalisation, d’abord avec un court métrage, « Un Américain » 1958, puis par deux longs métrages, « Le combat dans l’île » (1961) et « L’insoumis » (1964), deux films politiques rigoureux qui traitent de la guerre d’Algérie et sont très mal reçus par la critique.
Après deux films plus conventionnels, un polar, « Mise à sac » (1967) et une adaptation d’un succès de Françoise Sagan, « La Chamade » (1968), il disparaît des écrans durant presque une décennie. Son retour en 1976, avec un road movie, « Le plein de super », et une fiction documentaire, « Martin et Léa » (1978), marque le début d’une longue réflexion qui le conduira vers une épure de plus en plus marquée. L’une des étapes capitales de ce chemin sera « Thérèse », un film simple et radical, en état de grâce, qui reçoit le Prix du Jury au Festival de Cannes ainsi que 6 Césars dont meilleur réalisateur, meilleur film et meilleur scénario. Succès critique, « Thérèse » fût aussi un succès public avec près de 400.000 spectateurs.
Après « Libera me », film universel sans paroles sur la question de l’oppression, Alain Cavalier arrive au cinéma le plus pur grâce aux caméras DV qui lui permettent de tourner seul, de filmer « au plus près de son expérience », de ne plus être un cinéaste, mais un « filmeur », titre qu’il donne en 2004 à un journal intime tourné en vidéo sur plus de dix ans.
Documentariste, il est aussi l’auteur d’une série de portraits de femmes exerçant des métiers en voie de disparition.
LE COMBAT DANS L’ÎLE
France. 1961. 1h45. Avec Jean-Louis Trintignant, Romy Schneider, Henri Serre, Pierre Asso, Maurice Garrel
Clément, extrêmiste de droite, vient de commettre un attentat contre un député de gauche, Terrasse, et se réfugie avec sa femme Anne chez leur ami Paul. Clément découvre qu'il a été manipulé et part se venger. Restée chez Paul, Anne devient sa maîtresse ; à son retour, Clément apprend que sa femme est enceinte et provoque Paul en duel…
Le premier film d’Alain Cavalier, rigoureux et sans concessions, remarquablement servi par l’interprétation de Jean-Louis Trintignant dans le rôle d’un personnage introverti et secret.
D’une actualité politique brûlante à sa sortie car marqué de nombreuses allusions à la guerre d’Algérie et à l’O.A.S, ce film eut de sérieux ennuis avec la censure.
LE PLEIN DE SUPER
France. 1976. 1h40. Avec Patrick Bouchitey, Etienne Chicot, Bernard Crommbey, xavier Saint-Macary, Nathalie Baye
Deux amis se retrouvent à faire la route dans une spacieuse voiture américaine que l’un d’eux est chargé de convoyer. Ce dernier a un travail et une femme, et le vit comme une restriction assumée. Son ami et compagnon de voyage se veut plus libre, mais garde une bonne situation. Après un arrêt à une station-service, deux autres hommes de leur âge débarquent inopinément dans le véhicule et s’y invitent. Le premier a abandonné travail et épouse, l’autre n’a vraisemblablement connu ni l’un ni l’autre…
Réalisé en 1975, « Le Plein de Super » marie le road movie au bilan existentiel doux-amer d’une génération. Réalisé sur la route avec très peu de moyens et selon un principe communautaire où tout le monde est payé au même tarif et où les comédiens écrivent leurs rôles, « Le plein de super » est une évocation tendre et déglinguée de quatre hommes à la croisée de leur vie, lancés dans leur Break sur les routes de la France rurale des années 70. Un film devenu culte comme on dit, qui a gardé toute sa modernité et toute sa saveur.
THERESE
France. 1986. 1h30. Avec Catherine Mouchet, Aurore Prieto, Sylvie Habault
Prix du Jury au Festival de Cannes 1986 ; César du Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Scénario, Jeune Espoir Féminin, Meilleure Photo, Meilleur Montage
Lisieux, 1888. Comme ses sœurs aînées, Thérèse Martin, 15 ans, rêve d’entrer au Carmel malgré les réticences de la mère supérieure qui la juge trop jeune. Obstinée, la jeune fille se rend à Rome où elle obtient une dérogation du Pape.
Au couvent, durant neuf ans, elle met toute son énergie dans une foi inébranlable et indiscutable destinée à contribuer au Salut des autres ; mais elle fait aussi l’apprentissage de la solitude et de la domination de soi. Atteinte de tuberculose, soumise au froid, aux privations et au manque de soins, elle meurt en 1897.
Des nombreuses adaptations de la vie de Thérèse Martin ont été portées à l’écran ; indéniablement, le film d’Alain Cavalier est le plus singulier, qui dépeint le portrait d’une adolescente amoureuse folle de Jésus.
IRÈNE
France. 2009. 1h25.
Comment vit-on après la disparition de l’être aimé ? Peut-on filmer l’absence ? Ces deux questions sont au cœur du nouveau film d’Alain Cavalier qui revient trente ans en arrière avec le soutien de carnets où sont notés aussi bien les événements importants que les détails imperceptibles, peut-être plus importants que les premiers. Il y a trente ans, Alain cavalier était marié avec Irène Tunc, une actrice. Jusqu’au jour où après un accident de voiture en forêt de Rambouillet, Irène, qui lui avait demandé à plusieurs reprises en partant « Alors, tu viens ?, n’est jamais revenue.
Avec « Irène », filmé avec une simple caméra vidéo HD, Alain Cavalier poursuit son travail très personnel de la mémoire et de l'intimité.
RENCONTRE AVEC LE PUBLIC LUNDI 16 NOV. 22H15 BISTROT
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