la maison de l'image

Rencontres des cinémas d'Europe
11ème édition
du 15 au 22 novembre 2009 à Aubenas

PANORAMA

Vous pouvez consulter les horaires des films jour par jour dans la rubrique Agenda

ALLEMAGNE
LA VAGUE (Die welle)
De Dennis Gansel. 2008. VOST. 1h48. Avec Jürgen Vogel, Frederick Lau, Max Riemelt

µUn professeur de lycée chargé d’animer un atelier sur le thème de l’autocratie propose à ses élèves une expérience visant à expliquer sous forme de jeu de rôle le fonctionnement d’un régime totalitaire. Contre toute attente, une forte majorité d’élèves se prête au jeu qui, rapidement, prend une ampleur inattendue…
Phénomème national en Allemagne avec plus de 2,5 millions de spectateurs, « La vague » est adapté du livre de Todd Strasser, classique de la littérature jeunesse dans ce pays, lui-même inspiré par une histoire réelle survenue dans un lycée Californien en 1967.

AUTRICHE
LE RUBAN BLANC  ( Das Weisse Band)
De Michaël Haneke. 2009. 2h24. Avec Christian Friedel, Ernst Jacobi, Leonie Benesch, Ulrich Tukur
PALME D’OR FESTIVAL DE CANNES 2009
µUn village protestant de l'Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale. D'étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif sans que l’on parvienne à découvrir qui se cache derrière ces actes cruels ?
A l’image du ruban blanc, symbole de pureté, que doivent porter les enfants du pasteur, le film de Haneke est l’évocation d’une société humiliée par les sévices que adultes, notables, puritains, rigoristes, infligent à leurs femmes, enfants et administrés. Ce catalogue des abus des tenants de l’autorité, de l’ordre et de la censure - eux-mêmes se permettant des libertés inavouables – sont à la base de la haine qui provoque les évènements qui ébranlent le village.
« Le ruban blanc » dénonce ainsi les sociétés répressives, celles qui cultivent brutalités, malveillances, jalousies, menaces et vengeances perverses, comme génératrices de fascismes et de totalitarismes. Le film se termine d’ailleurs par l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, acte détonateur de la première guerre mondiale.

BELGIQUE
LA MERDITUDE DES CHOSES
((Die Helaasheid der Dingen)
De Felix Van Groeningen. 2008. 1h48. Avec Johan Heldenbergh, Koen De Graeve, Pauline Grossen avant-première
µGunther, 13 ans, partage le toit de sa grand-mère avec son père et ses trois oncles, dans un climat de beuveries et de glande constante. Tout porte à croire qu’il suivra la même voie, à moins qu’il ne parvienne à se « démerder » de là…
Ce troisième long métrage de Felix van Groeningen est l’adaptation du récit autobiographique de Dimitri Verhulst, publié en 2006. Un film à l’image de son titre, décalé et poétique, qui réussit – comme jadis la comédien italienne avec des films comme « Affreux, sales et méchants » - à montrer la misère humaine et des personnages plus sales, exécrables et méchants les uns que les autres, avec une humanité débordante, entre comédie hilarante et drame poignant.

BULGARIE
EASTERN PLAYS avant-première
De Kamen Kalev. 2009. 1H23. Avec Hristo Hristov, Ovanes Torosian, Saadet Isil Aksoy

µLes blocs mornes d'appartements à la périphérie de Sofia, abritent Itso, un artiste sculpteur ancien toxicomane, en quête identitaire et Giorgi, plus jeune, très fortement influencé par Fish, meneur d'un groupe néo nazi : deux frères qui jusque là ne font que se croiser. Lors d'une attaque contre une famille turque orchestrée par Fish, les deux frères, pourtant en opposition, l'un en "secouriste" et l'autre en "casseur", vont se retrouver. C'est à travers et à partir de cette renaissance de fraternité que se situe le film. Au-delà, il traite des interactions des uns avec les autres et explore les possibilités de communication, lorsque, selon le réalisateur,  "la rencontre entre deux âmes, où langue, foi et couleur des yeux ne comptent pas, alors que, lorsque l’apparence prend le dessus, les relations perdent leur force et l’amour disparaît".

ESPAGNE
*A LA CARTE (Fuera de carta)
De Nacho Garcia Velilla. 2009. 1h51. Avec Javier Cámara, Lola Dueñas, Fernando Tejero, Benjamin Vicuña
Maxi à une vie parfaite : cuisinier prestigieux et reconnu, patron d’un restaurant à la mode dans le quartier de Chueca à Madrid, il vit son homosexualité sans complexe. Jusqu’au jour où son existence est bouleversée par l’arrivée de ses deux enfants, fruit d’un mariage d’apparence, et par celle de son nouveau voisin, un séduisant ex-footballeur argentin. Famille, amour, paternité, jalousie… vont dynamiter sa vie.
Une comédie culinaire fort agréable autour de l’évolution de la société espagnole quand à l’homosexualité, dont les personnages sont occupés par une constante recherche du bonheur.

LE DEPART DE MYNA (Myna se va)
De Sonia Escolano et Sadrac Gonzales. 2008. 1h57. Avec Maria Del Barrio
*“Myna est une jeune immigrée clandestine venue d'un pays de l'Est en guerre. La jeune fille travaille comme bonne chez un couple, principalement pour garder leur petit garçon. Alors que les parents sont en voyage, l’enfant est gravement blessé. Myna, qui sait qu'elle sera arrêtée et expulsée dès qu'elle mettra le pied dans un hôpital, décide de soigner l'enfant clandestinement, en urgence…
Myna cherche de l’aide mais se heurte à l’indifférence, l’égocentrisme et à la vilénie…
Ce film issu du cinéma indépendant espagnol, clairement influencé par La Nouvelle Vague, est inédit en France. Il a été séléctionné au « Spanish London Film Festival », au « Bronx New York Independant FilmFestival » ,  à l’ «Indie Fest USA ( Californie) » et à  l’« Athensfest ( Ohio) », remportant le prix du meilleur film dans ces deux derniers festivals.
Rencontre avec
Sonia Escolano et Sadrac Gonzales, réalisateurs
Maria Del Barrio, actrice
Jeudi 19 nov. à 22h15 au Bistrot des Rencontres

FRANCE
LA DOMINATION MASCULINE
De Patric Jean. 2009. 1h43 avant-première
µPeut-on croire qu'au XXIème siècle, des hommes exigent le retour aux valeurs ancestrales du patriarcat : les femmes à la cuisine et les hommes au pouvoir ? Peut-on imaginer que des jeunes femmes instruites recherchent un " compagnon dominant " ? Que penser d'hommes qui subissent une opération d'allongement du pénis, " comme on achète une grosse voiture " ?
Si ces tendances peuvent de prime abord sembler marginales, le film de Patric Jean démontre que nos attitudes collent rarement à nos discours et que l'illusion de l'égalité cache un abîme d'injustice quotidiennes que nous ne voulons pas voir. Et où chacun joue son rôle.
A travers des séquences drôles, ahurissantes et parfois dramatiques, le film nous oblige à nous positionner sur un terrain où chacun pense détenir une vérité.
Débat à l'issue de la projection en partenariat avec le CIDF
dimanche 22 à 18h00 au palace

GAMINES avant-première
France. D’Eléonore Faucher. 2008. 1h47. Avec Sylvie Testud, Amira Casar, Zoé Duthion, Marc Barbé, Jean-Pierre Martens. D’après le roman de Sylvie Testud
*Corinne, Sybille et Georgette : trois petites filles qui vivent à Lyon, à la fin des années 70, avec leur mère d’origine italienne. Leur père, une ombre dont il est interdit de parler et qu’on évoque en l’appelant « il », vient parfois frapper à la porte en suppliant qu’on le laisse entrer. La mère appelle alors son frère qui vient remettre les choses en ordre, jusqu’à la prochaine fois. Elles n’en sauront pas beaucoup plus, sauf en écoutant les adultes qui évoquent parfois cet homme séduisant mais bon à rien, artiste raté qui forçait un peu trop sur la bouteille.
Plus tard, Sybille deviendra écrivain et comédienne et lors d’un passage à Lyon où elle présente un film, elle et ses sœurs rencontreront enfin ce père qu’elle ne connaissent que par une photo volée…
Après « Brodeuses », Eléonore Faucher porte à l’écran l’enfance de Sylvie Testud, adapté de son roman autobiographique, dans un film tendre, grave et émouvant où la comédienne joue son propre rôle à l’âge adulte.

HADEWIJCH De Bruno Dumont. 2009. 1h45. Avec Julie Sokolowski, karl Sarafidis, Yassine Salime, David Dewaele avant-première
*Céline, jeune parisienne fille de diplomate ne trouve pas dans le confort matériel de raisons suffisantes de pallier le vide de son existence et le désintérêt de ses parents à son égard. Sa raison de vivre, elle la trouve dans une foi sans bornes et une passion amoureuse pour le Christ. Mais cette foi extatique et ses mortifications choquent les soeurs du couvent où elle attend de prononcer ses vœux sous son nouveau nom d’Hadewijch (une poétesse mystique flamande du XIIe siècle), qui la renvoient « dans le monde ». De retour à paris, elle rencontre Yassine et son frère Nassir, autre fou de Dieu, même si le sien ne porte pas le même nom. Cette rencontre, sa rage et sa passion vont entraîner la jeune fille, entre grâce et folie, sur des chemins dangereux. Le nouveau film de Bruno Dumont (« la vie de Jésus », « L’humanité », « Flandres « …) interpelle et dérange en mettant en scène l’ambigüité d’une merveille capable de conduire au pire, comme de poser des bombes au nom de Dieu.
SEANCE DE CLOTURE RENCONTRE AVEC BRUNO DUMONT et JULIE SOKOLOWSKI Dimanche 22 nov.
Novice dans un couvent, soeur Hadewijch est renvoyée chez elle tant sa foi effraie les religieuses. La rencontre de Yassine et de son frère Nassir va bouleverser sa vie et la conduire sur les chemins dangereux de l'islamisme radical.
Avec ce film, Bruno Dumont interpelle et dérange --de nombreux spectateurs ont abandonné la salle pendant la projection-- une habitude chez ce cinéaste. En 1999 déjà, "L'humanité", avec des images choc sur le viol et le meurtre d'une fillette, avait fait scandale sur la Croisette.
"Ce qui est ambigu, c'est la beauté de l'amour qu'elle a pour Dieu, une merveille qui est capable de conduire au pire", comme "les jeunes gens qui posent des bombes au nom de Dieu", a déclaré Bruno Dumont en conférence de presse.
"Je vois des spectateurs enthousiastes, et d'autres perplexes, mais je pense que c'est la même chose, il faut du temps pour que le film fasse son chemin", a-t-il ajouté.

LES HERBES FOLLES
D’Alain Resnais. 2009. 1h44. Avec André Dussollier, Sabine Azéma, Emmanuelle Devos, Anne Consigny, Mathieu Amalric
D’après le roman de Christian Gailly, L’Incident Marguerite n'avait µpas prévu qu'on lui volerait son sac à la sortie du magasin. Encore moins que le voleur jetterait le contenu dans un parking et que Georges se baisserait pour le ramasser. D’ailleurs, dans une histoire normale, il serait allé le ramener au commissariat et l’histoire s’arrêterait là. Seulement, Georges est tout sauf banal, c’est plutôt un aventurier du rêve à l’intérieur de la tête rempli d’enfance et de tas d’autres choses réelles ou imaginaires, qui s’est créé un univers vif et coloré à la hauteur de ses désirs. Intrigué par ce portefeuille trouvé, il est bientôt obnubilé par sa propriétaire et  se met dans le crâne que c’est le destin qui est la cause de cette rencontre… A 86 ans, le plus jeune des réalisateurs français nous offre cette comédie ludique et libre, traquant cette chose si particulière qui se cache dans la tête de certaines personnes et poussent telles des herbes folles, capables de fissurer le bitume pour s’infiltrer dans le monde.

LEGER TREMBLEMENT DU PAYSAGE
De Philippe Fernandez. 2008. 1h25. Avec Bernard Blancan, Michel Théboeuf, Anatole Vialard, Corentin Chapa, Chantal Quillec
*Un petit village moderne à l’architecture géométrique et à la végétation tout aussi ordonnée. Une petite communauté humaine y vit tranquillement à l’époque des premiers pas de la conquête spatiale qui nourrit l’imaginaire et les jeux de deux enfants qui gravitent autour de personnages vaquant à leurs obsessions personnelles : un peintre amoureux des nuages, une chercheuse en morphogenèse végétale, un pilote amateur à la recherche de la trajectoire idéale et son mécanicien mutique qui passe son temps à regarder les ondes à la TV. Ajoutez quelques animaux, des dindons, un cochon d’Inde, un singe, et vous aurez une petite idée de ce film hors-norme, poétique et cocasse. Philippe Fernandez – qui se réclame de la filmosophie - invente un monde décalé peuplé de personnages qui passent leur temps à se poser des questions sur le temps, l’espace, les origines de l’univers et sur le sens de tout ça… entraînant le spectateur dans leur processus ludique d’interrogation et de réflexion en chaîne. On pense à Tati en savourant ce film dont l’ambition affichée est de, par rapport à ce qu’on nous donne habituellement à voir au cinéma, « préférer un cinéma de la décroissance, avec un peu moins de tout ce qui est censé constituer un spectacle réussi, mais plus d’essentiel ».
RENCONTRE AVEC LE REALISATEUR AU BISTROT DES RENCONTRES Jeudi 19 nov.

MADEMOISELLE CHAMBON
De Stéphane Brizé. 2009. 1h40. Avec Vincent Lindon, SandrineKiberlain, Aure Atika, Jean-Marc Thibaut

*Jean est quelqu'un de bien : un bon maçon, un bon fils, un bon père et un bon mari. Dans son quotidien sans heurt, entre famille et travail, il croise la route de Mademoiselle Chambon, l'institutrice de son fils, une jeune femme réservée qui semble dissimuler une fêlure secrète. Il est un homme de peu de mots, elle vient d'un monde différent. Ils vont être dépassés par l'évidence des sentiments… Stéphane Brizé est certainement l’un des jeunes réalisateur français dont on attend les films avec le plus d’impatience. En quelques films, « Le bleu des villes » et « Je ne suis pas là pour être aimé » en particulier, il construit un univers filmique dont les personnages sont des gens ordinaires soudain confrontés à une émotion incontrôlable. Pas de grands dialogues dans ce film, mais des postures et des regards, comme celui, long et bouleversant que porte Sandrine Kiberlain, en train de tomber amoureuse sur Vincent Lindon. Et quand on sait que ces deux-là se sont aimés dans la vie réelle, l’émotion n’en est que plus forte.

NULLE PART TERRE PROMISE
µD’Emmanuel Finkiel. 2008. 1h35. Avec Elsa Amiel, Nicolas Wanczycki, Haci Aslan

PRIX JEAN VIGO 2008 Trois personnages sillonnent l’Europe d’aujourd’hui : un cadre chargé de délocaliser une usine dans un pays de l’Est, une étudiante qui tente d’échapper à un chagrin d’amour en regardant le monde à travers sa caméra vidéo et un Kurde accompagné de son fils en route pour une vie espérée meilleure.
Vers l’est ou vers l’ouest, en camion, en business class, en camion, en train, en stop, avec ou sans papiers, chacun est en quête de sa terre promise à travers une Europe éprouvée par les effets de la mondialisation. Avec ce regard lucide sur l’état du monde, sans pathos mais avec infiniment d’humanité, l’auteur de « Voyages » signe là un nouveau film touché par la grâce et sans aucune concession.

PORTRAIT DE GROUPE AVEC ENFANTS ET MOTOCYCLETTES
*Documentaire de Pierre-William Glenn. 2009. 1h31 Pierre-William Glenn, réalisateur et directeur de la photo, était notre invité aux « Rencontres… » 2008. Il revient cette année, à la fois pour encadrer un atelier audiovisuel dans le cadre de « Passeurs d’Images », et aussi pour présenter son nouveau film qui met en scène la vie, les espoirs, les contes d'une promotion d'élèves enfants pilotes de 8 à 14 ans de course motocycliste. « Je vais rencontrer des jeunes filles, pilotes de moto, qui vont briser le tabou de l’incompatibilitée présumée de la féminité et des sports mécaniques. Je vais passer une année avec des enfants dans une école d’apprentissage à la moto de course et je vais en apprendre un peu plus sur moi-même. Une année qui parle du temps qui passe, du cinéma que toujours le mouvement anime, de ces grands champions et acteurs d’hier et d’aujourd’hui, qui restent vivants, pour toujours, comme les indiens d’Amérique » (P.W Glenn)   Rencontre avec le Réalisateur au bistrot des Rencontres samedi 21 nov.

L’Ardèche Méridionale est riche de deux événements cinématographiques annuels – Les Etats Généraux du Documentaire de Lussas en août et les Rencontres des Cinémas d’Europe d’Aubenas en, novembre - organisés par deux structures voisines et complémentaires, La Maison du Doc et La Maison de l’Image.
Cette année, un nouveau partenariat, du même type que celui qui lie désormais les festivals d’Annonay et d’Aubenas (Cf « Rebelle adolescence », Grande-Bretagne) est créé autour du film de Dominique Marchais, « Le temps des grâces », issu de la programmation des Etats Généraux du Documentaire 2009 et du Mois du Documentaire proposé en novembre par la Maison du Doc.

LE TEMPS DES GRÂCES

Documentaire de Dominique Marchais. 2009. 2h01

*Avec Le Temps des Grâces, Dominique Marchais parcourt la France et donne la parole aux agriculteurs, biologistes, agronomes et écrivains. Son documentaire ne se contente pas de dresser un constat de l'état agricole français, il interroge sur l'avenir. De différentes générations et exerçant   diverses fonctions, les personnages de son film présentent un aperçu complet et soulèvent des problématiques réelles tout en apportant des éclairages pertinents. Pour une prise de conscience écologique, et rendant hommage à la nature, ce documentaire se soucie également de l'aspect esthétique du paysage dans lequel on vit. Ce plaidoyer pour un mieux-vivre interpelle les acteurs et citoyens français à une reprise en main face aux lobbies de l'agro-alimentaire.
RENCONTRE AVEC LE REALISATEUR LE MERCREDI 18 NOVEMBRE

YUKI ET NINA avant-première
D’Hippolyte Girardot et Nobuhiro Suwa. 2009. 1h33. Avec  Noë Sampy, Arielle Moutel, Tsuyu Shimizu, Hippolyte Girardot, Marilyne Canto

*Lorsque Yuki, une petite franco-japonaise de neuf ans, apprend que ses parents se séparent, elle comprend qu’elle devra suivre sa mère qui a décidé de retourner vivre au Japon. Outre la séparation avec son père, cet exil va l’obliger à quitter Nina, sa meilleure amie ; ensemble, elles tentent de trouver une idée pour empêcher cette séparation et ce départ vers un pays lointain. Mêmes si elles ont encore l'âge où l'on obéit à ses parents, les deux fillettes décident de se rebeller et de prendre leur destin en main… Ce film co-réalisé par le comédien français Hippolyte Girardot, pour la première fois derrière la caméra, et le réalisateur nippon Nobuhiro Suwa (« M-other », « H story », « Un couple parfait »…), nous emporte, après une première partie réaliste, vers le territoire du conte. Le film est particulièrement réussi dans son approche de l’incompréhension des enfants lorsque la parole des adultes s’épuise à tenter de leur expliquer les raisons de la fin de l’amour et ses conséquences.  

GRANDE BRETAGNE
TOUTE L’HISTOIRE DE MES ECHECS SEXUELS
(A complete history of my sexual failures).
µDe Chris Waitt. 2008. VOST. 1h33. Avec Chriss Waitt et plusieurs de ses anciennes ex-petites amies
Chris Waitt, cinéaste trentenaire sans travail vient de se faire plaquer une fois de plus, ce qui lui donne l’occasion de faire le bilan de sa vie amoureuse ; ce n’est guère brillant, depuis son adolescence, toutes ses relations avec les filles (13 histoires sérieuses, 47 histoires secondaires et 16.425 pulsions sexuelles inassouvies) se sont mal terminées. Pour comprendre cette longue suite d’échecs sentimentaux et de déboires sexuels, Chris décide, plutôt que d’aller voir un psy, d’aller rendre visite, caméra au poing, à toutes ses anciennes petites amies pour leur demander ce qui n’a pas fonctionné dans leur relation. Il n’est pas au bout de ses surprises… !
Un docu-fiction en forme de journal intime, entre émotion et comédie ; Woody Allen n’est pas si loin.

Carte blanche au Festival International du Premier film d’Annonay
Les deux festivals de cinéma d’Ardèche, les Rencontres des Cinémas d’Europe d’Aubenas, et le festival International du Premier Film d’Annonay, se confient désormais mutuellement une carte blanche issue de leurs programmations.
Cette année, nos amis d’Annonay viendront vous présenter un premier film britannique, « Rebelle adolescence » d’Alison Murray qui a obtenu le Prix spécial du Jury au Festival d’Annonay

*REBELLE ADOLESCENCE (Mouth to mouth)
D’Alison Murray. 2009. 1h41. Avec  Ellen Page, Natasha Wightman, Eric Thal

Jeune adolescente en fugue, Sherry pense avoir enfin trouvé une famille au sein d'une bande de jeunes, un groupe radical dénommé Les Spark. Elle les suit dans leur van dans un périple apparemment sans but, voyageant dans toute l'Europe, de technivals en petits boulots en recrutant parfois de nouveaux membres. Mais le leader du groupe, Harry, instaure rapidement un règne violent de travail forcé et de punitions. Prise au piège dans ce qui ressemble désormais à une secte, Sherry va devoir lutter pour se protéger et protéger ceux qu'elle aime...
Un road movie initiatique qui démonte le mécanisme des sectes, superbement interprété par Ellen Page, l’héroïne de « Juno ».

FISH TANK
D’Andrea Arnold. 2009. 2h04. Avec Katie Jarvis, Kierston Wareing, Michael Fassbender
PRIX DU JURY CANNES 2009

*Mia, quinze ans, est une ado révoltée et solitaire qui vit avec sa petite sœur et sa mère trop préoccupée par elle-même pour s’occuper de ses enfants. Mia n’a qu’une unique passion, le hip hop et qu’un unique désir, devenir une pro de cette danse.
Un jour d’été, sa mère rentre à la maison avec un nouvel amant, Connor, qui s’installe rapidement chez elles. Connor est un personnage ouvert, sympathique, avec une certaine culture : est-ce enfin la promesse d’une vie nouvelle ou bien un leurre ?
Après « Red road », le précédent film d’Andrea Arnold présenté aux rencontres des Cinémas d’Europe en 2006, cette plongée dans la working class britannique évite tout cliché et ne cherche en rien à arrondir les angles, à l’image de l’interprétation de ses trois interprètes principaux : Kierston Wareing (« It’s a Free World », de Ken Loach), Michael Fassbender (« Hunger » de Steve McQueen) et Katie Jarvis, ado repérée dans un centre commercial, la révélation de ce « Fish Tank ».
Séance supplémentaire de Fish Tank dimanche 22 à 21h00 au Palace !

HONGRIE
DELTA

*Kornél Mundruczó. Hongrie-Allemagne. 2009. 1h32. Avec Orsolya Tóth, Félix Lajkó, Lili Monori
Un jeune homme rentre chez lui, dans un village isolé du Danube, après une longue absence, et rencontre pour la première fois sa jeune sœur avec qui il s’installe en pleine nature, à l’écart de tous. Mais, ni sa famille, ni les gens du village n’acceptent vraiment leur relation.
Dans ce monde où la différence doit être abolie, seule la nature peut apporter une paix toute relative. Kornél Mundruczó filme cette histoire d’amour entre un frère et une sœur avec une mise en scène subtile, à la fois naturaliste et poétique, qui nous éblouit par sa puissance et son intensité ; un film qui continue à nous habiter longtemps après que les lumières de la salles se sont rallumées.

ISLANDE
MARIAGE A L’ISLANDAISE (Country wedding)
De Valdis Ókarsdóttir. 2008. VOST. 1h35. Avec Nanna Kristín Magnúsdóttir, Björn Hlynur Haraldsson, Nína Dögg Filippusdóttir

*Le jour de son mariage est le plus beau jour de sa vie dit-on. Mais pour Inga et Bardi, ça commence mal par un voyage en bus vers l’église de campagne réservée pour l’occasion mais dont personne ne sait exactement où elle se trouve. Au fil des kilomètres familles, amis et invités de dernière minute commencent à déverser vieilles rancœurs et nouvelles inimitiés qui portent les futurs époux au bord de la crise de nerfs. Et le périple ne fait que commencer…
Valdis Ókarsdóttir, la réalisatrice de cette réjouissante et acide comédie familiale, signe ici son premier film. Mais sa carrière dans le cinéma débute au milieu des années 1980 où elle devient monteuse pour des réalisateurs aussi talentueux que Thomas Vinterberg, Harmony Korine, Gus Van Sant, Terence Malick, Michel Gondry…

ITALIE
VINCERE avant-première
De Marco Bellocchio. 2009. VOST. 2h08. Avec Giovanna Mezzogiorno, Filippo Timi, Fausto Russo Alesi
Dans la vie de Mussolini, il y a un lourd secret que l'histoire officielle ne raconte pas : une femme, Ida Dalser, et un enfant, Benito Albino, conçu, reconnu puis désavoué.

*Ida rencontre Mussolini de manière fugace à Trente et en est éblouie. Elle le retrouve à Milan où il est un ardent militant socialiste qui harangue les foules et dirige le quotidien l'Avanti. Ida croit en lui, en ses idées. Pour l'aider à financer le Popolo d'Italia, point de départ du futur parti fasciste, elle vend tous ses biens... Lorsque la guerre éclate, Benito Mussolini s'engage et disparaît de la vie de la jeune maman, qui découvrira avec stupeur qu'il est déjà marié avec une autre femme. Ida n'aura dès lors de cesse de revendiquer sa qualité d'épouse légitime et de mère du fils aîné de Mussolini, mais sera systématiquement éloignée de force et son enfant mis dans un institut. Pourtant, elle ne se rendra jamais et ne cessera de revendiquer haut et fort sa vérité.

MACEDOINE
JE SUIS DE TITOV VELES  (Jas sum od Titov Veles)
De Teona Mitevska. 2008. VOST. 1h42. Avec Labina Mitevska, Ana Kostovska, Nikolina Kujaca
PRIX SPECIAL DU JURY AU FESTIVAL DE SARAJEVO
*Il ne fait pas bon vivre à Titov Veles, ville empoisonnée par une usine de plomb, héritage du passé,  qui ronge les habitants. C’est là que vivent Aphrodite, Sapho et Slavica, trois sœurs  qui tentent, chacune à leur manière, d’échapper à la réalité quotidienne et à une vie sans avenir. L’aînée, Slavica, tout en tentant de décrocher de la méthadone, tente de trouver un mari, Sapho passe d’homme en homme tandis que sa sœur jumelle, Aphrodite, muette et introvertie, s’échappe en rêveries étranges. Que va-t-elle devenir alors que ses deux sœurs vont quitter Titov Veles ?
Trois superbes comédiennes pour ce film dont la mise en scène entremêle le quotidien le plus gris et des séquences oniriques de toute beauté, le bonheur et la douleur, l’amour et la haine, le désir d’exister et l’impossibilité d’être.
Rencontre avec la réalisatrice Samedi 24 novembre au Bistrot des Rencontres en partenariat avec l'ACID

POLOGNE
KATYN

D’Andrzej Wajda. 2009. 2h00. Avec Maja Ostaszewska, Artur Zmijewski, Jan Englert

µLe nouveau film de Wajda met en scène le meurtre de plusieurs milliers de Polonais — essentiellement des personnalités, des officiers mais aussi des étudiants (officiers de réserve), des médecins et des membres des élites polonaises réputées hostiles à l'idéologie communiste — par la police politique de l’Union soviétique (le NKVD) au printemps 1940 dans une forêt russe près de Smolensk.
Trois femmes dont les maris ont été victimes de ce massacre sont les personnages principaux se ce film à grand spectacle, qui pose également la question de la mémoire et de la vérité, règlement de compte sans compromis avec le mensonge qui a forcé la Pologne populaire à oublier ses héros : Quel sens les mots Patrie et Liberté ont-ils dans un Etat polonais d'après-guerre tombé sous la dépendance de l'Union Soviétique ?

PORTUGAL
CE CHER MOIS D’AOÛT (Aquele querido mês de agosto)
*De Miguel Gomez. 2008. VOST. 2h27. Avec Sónia Bandeira, Fábio Oliveira, Joaquim Carvalho.

Au cœur du mois d’août dans les montagnes du Portugal ; la population décuple entre les touristes et les retours au pays pour les vacances. On tire des feux d’artifice, on guette les incendies, on chasse le sanglier, on boit de la bière et on va danser. Justement, c’est à un chassé-croisé amoureux entre un père, sa fille et un cousin, musiciens d’un groupe de bal que nous sommes invités à assister. Mais « Ce cher mois d’août » est bien plus que cela, qui commence  comme un documentaire pour virer doucement à la fiction et nous inviter à partager l’ambiance particulière de vacance et de disponibilité d’un chaud mois d’août où rien n’est tout à fait ordinaire.

REPUBLIQUE TCHEQUE
COUNTRY TEACHER (Venkovský ucitel)
De Bohdan Slama. 2008. 1h57. Avec Pavel Liska, Zuzana Bydzovska, Ladislav Sedivy
*Un professeur de biologie fuit Prague pour la campagne, où il prend poste dans l'école du village. Dès son arrivée, le directeur s'interroge sur les réelles motivations qui amènent ce jeune professeur dans cet endroit reculé. Mais, très vite accepté par les élèves et les habitants du village, la vie de Petr prend forme. Il participe à la vie des champs et se lie d'amitié avec une famille locale. Un incident va cependant bouleverser le cours des choses et mettre à nu le principal motif de cette installation, parue suspecte dès le début…
Ce film se déroule en deux temps ; la légèreté de la première partie présente la vie campagnarde telle une symphonie pastorale, s'y ajoute un côté plus grave où sont abordés les thèmes de l'identité et du regard de l'autre. Le premier film de Bohdan Slama, « Something like happiness » a été présenté aux Rencontres des Cinémas d’Europe en 2006.

ROUMANIE
CONTES DE L’ÂGE D’OR (Amintiri din epoca de aur)
De Cristian Mungiu, Ioana Uricaru, Hanno Höffer, Razvan Marculescu, Constantin Popescu. 2009. VOST. 1h18. Avec Alexandru Potocean, Avram Birau, Paul Dunca, Alexa Ion Sapdaru, Crina Diana Cavaliotti , Grigore Vlad Ivanov, Bugi Radu Iacoban, Camelia Tania Popa. AVANT-PREMIERE

*Les Contes de l’âge d’or est un film initié par Cristian Mungiu, composé de quatre épisodes, tous situés dans les dernières années du régime de Ceaucescu, les pires de l’histoire de la Roumanie, une époque pourtant nommée « L’âge d’or » par la propagande officielle.
A la fois comiques, étranges et émouvantes, ces histoires puisent leur inspiration dans un quotidien souvent surréaliste et dressent le portrait d’un pays soumis à la logique perverse d’une dictature où l’humour et le système D deviennent le seul moyen de survie de tout un peuple.
LA LÉGENDE DE L’ACTIVISTE EN INSPECTION
de Ionana Uricaru. 19’.
LA LÉGENDE DU PHOTOGRAPHE OFFICIEL
de Hanno Höfer. 19’.
LA LÉGENDE DE L’INSTRUCTEUR ZÉLÉ
de Razvan Marculescu. 17’.
LA LÉGENDE DU POLICIER AVIDE
de Constantin Popescu. 23’.

RUSSIE
ILS MOURRONT TOUS SAUF MOI (Vse Umrut A Ja Ostanus)
De Valéria Gaï Guermanika. 2008. 1h25. Avec Polina Philonenko, Olga Shuvalova, Agnia Kuznetsova
*Le premier film de cette jeune Russe de 23 ans met en scène la vie de trois lycéennes de la banlieue moscovite. Trois amies, trois adolescentes avides de découvertes issues de contextes sociaux et familiaux différents, trois façons de tenter de passer à l’âge adulte. L’occasion leur en sera donnée lors d’un événement attendu, la soirée du lycée, et son lot de promesses excitantes, flirt, alcool, drogue et sexe. L’attente de cet événement leur fera vivre des tourments jusqu’alors inconnus : jalousies, trahisons, confrontation à la brutalité du monde des aînés…
Un film brut, heurté et rebelle qui porte un regard sans complaisance sur l’adolescence et les rites d’initiation, tout en livrant à petites touches un regard sur la Russie contemporaine, qui n’incite pas à croire aux lendemains qui chantent, incitant plutôt à brûler la vie par tous les bouts.

SERBIE
ORDINARY PEOPLE
De Vladimir Perisic. 2009. 1h20. Avec Relja Popovic, Boris Isakovic, Miroslav Stevanovic
*Tôt le matin. Un bus avec sept soldats roule vers une destination inconnue. Parmi les passagers se trouve Dzoni, un jeune homme de vingt ans, nouvel arrivé dans cette brigade.
Arrivé à destination, une ferme abandonnée au milieu de nulle part, une longue attente commence sous un soleil brûlant, qui prend fin avec l’arrivée d’u camion rempli de civils, des ennemis explique-t-on aux jeunes soldats…
« Ordinary people » met en scène l’épuration ethnique avec une économie de mots qui ne la rend que plus efficace et plus concrète. Un film sur la soumission à l’autorité – qui montre comment un jeune garçon normal peut devenir un assassin en quelques heures – à rapprocher du film allemand « La vague » dont il est la suite logique et implacable, également présenté dans ce panorama.

SUEDE
HAPPY SWEDEN (De Ofrivilliga)
De Ruben Östlund. 2008. 1h38. Avec Villmar Björkman, Linnea Cart-Lamy, Leif Edlund 
*La Suède, connue pour sa qualité de vie mais méconnue pour ceux qui l'habitent, est présentée ici à travers plusieurs séquences. De la fête de famille bourgeoise aux adolescentes en initiation, en passant par une réunion d’amis d’enfance et des voyageurs bloqués dans un autocar, nous sommes intimement introduits dans ces univers où les personnalités se dévoilent, laboratoires sur les comportements humains dans la vie suédoise de cette fin des années 2000.
Très bien ryhtmé, ce film choral nous donne place au-delà de la simple position de spectateur et confirme l’œil novateur de ce réalisateur suédois.

TURQUIE
LA BOITE DE PANDORE (Pandora'nin kutusu)
De Yeşim Ustaoğlu. 2008. VOST. 1h52. Avec Tsilla Chelton, Onur Ünsal.
Concha de Oro du Meilleur Film et Concha de Plata de la meilleure actrice au 56e Festival de San Sebastian

*Lorsque trois frères et sœurs istanbuliotes d'une quarantaine d'années reçoivent un coup de fil leur annonçant la disparition de leur mère du Nord Est de la Turquie où elle vivait, ils partent à sa recherche, mettant momentanément de côté leurs différences. Mais les tensions entre eux refont vite surface, comme une boîte de Pandore qui s'ouvre, mettant au grand jour leurs vieilles rancœurs et les non-dits familiaux. La vieille femme, victime de la maladie d’Alzheimer,  est retrouvée malade en forêt et ses enfants décident de la ramener avec eux à Istanbul. Mais rapidement, cette charge fait ressurgir les non-dits et les tensions longtemps enfouis. C’est vers son petit-fils, dont l’avis ne compte pas non plus pour ses parents, que la vieille femme finira par se tourner.
Un tableau den famille rempli de nuance filmé tout en délicatesse par la réalisatrice Turque, magnifiquement mis en valeur par le jeu de Tsilla Chelton, émouvante et fragile.

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