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FOCUS 2019

L’illusion identitaire

Cette année les Rencontres des Cinémas d’Europe vous invitent à aborder les questions d’identité, en prolongement au Focus de l’an dernier consacré aux migrations. Jean-François Leguil-Bayart a pensé le déroulé de cette thématique, en compagnie de Simona Taliani, de Roberto Beneduce et du duo Melkem pour la partie musicale. Le thème des migrations continuera toutefois à être abordé avec nos partenaires du Réseau Traces et la revue Écarts d’identités.


Conférence concert

Remue-méninges : « Nuire à la bêtise identitaire »
Par Jean-François Bayart, accompagné du duo Melkem
Vendredi 22 novembre, 17h, Bistrot des Rencontres

La thématique de l’identité s’est imposée dans le débat public. Il en résulte une sourde angoisse : le marché, la globalisation, l’immigration menaceraient notre identité, notre culture. Or, l’une et l’autre sont des « illusions ». Il n’est que des actes d’identification, politiquement construits, historiquement situés, socialement contradictoires, culturellement polémiques. Les conflits dits identitaires déchirent les cultures, plutôt qu’ils ne les opposent les unes aux autres. La culture n’a jamais rien expliqué. Elle est un effet, et non la cause. Certes, toute action comporte une dimension culturelle. Mais, paradoxalement, les notions d’identité ou de culture nous empêchent de la comprendre. Comment penser les raisons culturelles du politique sans être ni culturaliste ni identitariste ?

Intervenant :

Jean-François Bayart, spécialiste de sociologie historique du politique à l’IHEID de Genève, a notamment publié, en 1996, L’Illusion identitaire (réédition en poche « Pluriel » en 2018).

Le Duo Melkem : Gilles Andrieux & Lise Gerbi

Gilles Andrieux a fait, très jeune, la rencontre de la musique turque à l’occasion d’un voyage dont au fond il n’est jamais revenu, pour pénétrer les arcanes du répertoire classique ottoman sous la direction de maîtres de la musique soufi. Gilles Andrieux fait-il pour autant de la musique turque ? Il serait réducteur de le cantonner à cette simple démarche d’interprétation ou à une forme de world music. La question n’est pas de savoir si, turque, sa musique l’est ou ne l’est pas. Elle est tout simplement musique, et chacun s’y retrouvera.
De père séfarade et mère ashkénaze, Lise Gerbi est attirée par les musiques orientales et c’est naturellement qu’elle explore le répertoire des musiques juives. Titulaire d’un DUMI et d’un DE de formation musicale, elle partage son temps entre l’enseignement de la musique et son développement musical personnel.
En 2009 elle forme le duo Melkem avec Gilles Andrieux. Amis depuis de nombreuses années, ils chantent et arrangent les chansons de Gilles. Entre Orient et Occident, ils créent un univers singulier par leurs timbres de voix complémentaires et le mélange atypique de leurs instruments. Les chansons de Gilles sont comme des tableaux. Ensemble ils chantent l’amour, la mélancolie, le temps qui passe. Avec simplicité́ et complicité́.


Table ronde « L’identité comme narration : quand les migrants s’écrivent »

Par Simona Taliani et Roberto Beneduce.
Modérateur : Jean-François Bayart
Samedi 23 novembre, 17h, Bistrot des Rencontres

Ce que nous appelons l’identité est toujours une narration. Nous nous racontons aux autres, les autres nous racontent, et parfois nous en faisons « tout un cinéma ». Les migrants sont de grands conteurs. Ils racontent à leur famille, à leur milieu d’origine la société dans laquelle ils vivent désormais, les épreuves par lesquelles ils sont passés. Avant de partir, ils se sont racontés des histoires. Et aussi ils doivent mettre en récit leur vie passée et leurs projets pour répondre aux attentes des administrations de l’immigration ou du droit d’asile. Au risque de leur « identité ».

Roberto Beneduce, médecin psychiatre et anthropologue, et Simona Taliani, psychanalyste et anthropologue, enseignent à l’Université de Turin. Ils dirigent le Centre Frantz Fanon qui accompagne les migrants et les réfugiés en détresse psychique.

Cette table ronde sera suivie d’un concert du duo Melkem.


Au-delà des murs

Une exposition photographique d’Alberto Campi – We Report
Vernissage en présence de l’artiste le 16 novembre
Du 16 au 24 novembre, Librairie des Rencontres

En 2012, Alberto CAMPI, photographe et photojournaliste basé à Grenoble, membre du collectif de journalistes indépendants We Report, décide de témoigner du mur qui s’érige aux portes de l’Europe pour arrêter les flux migratoires entre la Grèce et la Turquie. Avec cette intention, accompagné de la géographe Cristina Del Biaggio, ils partent en Grèce, dans la région d’Evros, là où le mur a été́ construit. C’est la première étape d’un voyage de deux mois (juin 2012 – août 2012) qui les a amenés également à Istanbul, Athènes et Patras.

Cette exposition est présentée en collaboration avec la Maison de l’Image de Grenoble qui organise en novembre 2019 le Mois de la Photo autour de la thématique “Murs et frontières” – https://www.maison-image.fr


« Images Migrantes »

Carte blanche au réseau Traces – Histoire, Mémoires et Actualités des migrations en région Auvergne-Rhône-Alpes
Salle 4 du cinéma Le Palace, 11h-17h (horaire à confirmer)

Cette carte blanche fait écho au programme « Images Migrantes, rencontres cinéma et migrations » organisé du 25 au 29 septembre 2019 à Lyon.
Les migrations – sujet majeur de notre temps que ne cesse d’interroger le réseau Traces –sont au cœur des débats politiques, localement et internationalement. À ces débats sont souvent associées des images tragiques et des imaginaires en confrontations.
Le cinéma, et plus largement les images diffusées sur une multitude de supports racontent la métamorphose du monde : sa “mondialisation” descendante mais aussi sa “mondialité́” ascendante. Depuis ses origines, le cinéma a toujours été́ tourné vers l’altérité́, et les migrations ont rapidement été́ inscrites dans ses récits. Il est incontestable que les migrations sont l’objet d’une production d’images de plus en plus pléthorique, depuis les images tournées avec des smartphones et aussitôt diffusées sur les réseaux sociaux jusqu’aux plus grosses productions cinématographiques. Il est de fait intéressant de constater et d’analyser comment, dans le même temps, ces images, véhicules de représentations diverses, bougent.

« Regards croisés sur les migrations », programme de 6 courts-métrages
Carte blanche au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand. Très sensible à cette thématique, l’équipe du festival de Clermont-Ferrand propose au réseau Traces et aux Rencontres des Cinémas d’Europe une sélection de films qui sont autant de regards différents sur les migrations.
2 films : Les sauteurs + Déplacer les montagnes (voir ci-dessous)

Ces séances seront précédés d’une présentation et de débats en salle par des membres du réseau Traces, dont :
Philippe Hanus, historien, coordinateur de l’ethnopôle « migrations, frontières, mémoires » au Centre du Patrimoine Arménien de Valence ;
Sébastien Escande, coordinateur du Réseau TRACES, Histoire, mémoires et actualités des migrations en Auvergne-Rhône-Alpes.


Écarts d’identité

Présentation et discussions autour de la revue « Écarts d’identité »
Par Abdellatif Chaouite, rédacteur en chef & Président du réseau Traces
Vendredi 22 novembre, 18h30, Librairie des Rencontres

Le prochain numéro de la revue Écarts d’identités se fera l’écho des rencontres du réseau Traces et du Focus des Rencontres des Cinémas d’Europe, dans un dossier consacré aux « Images migrantes ». Nous vous invitons à venir échanger avec Abdellatif Chaouite et les membres du réseau Traces autour des enjeux des migrations contemporaines.
Écarts d’identités est réalisé par les associations ADATE, ISM Corum, la Maison des Passages et le réseau Traces.


Les films :

Murs de papiers

Les sauteurs

Déplacer des montagnes

L’époque

Just Charlie

Nos défaites

Programme courts Clermont